PRIVÉ

MKS* x Planetaldol

Expérience - texte - son

2011 - 2018

Planetaldol apporte sa configuration technique, matrice d’une expérimentation sonore et musicale d’une grande richesse, et MKS* son amour pour les mots, pour leur sonorité et leur portée symbolique. Au-delà de cette démarche trans-disciplinaire il y a également le désir de Mickaël Sabbah d’explorer par l’art les répercussions du traumatisme et de sa perception par la société sur l’équilibre psychique d’un individu en s’appuyant sur sa propre expérience de vie. Leur collaboration se veut une recherche incessante des outils artistiques pouvant permettre d’élucider le traumatisme, la mort, le pouvoir de la médecine, le poids de la société sur les vivants etc. Il s’agit alors de donner une forme sensorielle à ce qui ne peut être dit seulement par les mots.

Le groupe Privé est né de la rencontre, en 2011, de Mickaël Sabbah (MKS*), auteur, acteur et metteur en scène de théâtre et de Planetaldol, biologiste de métier et compositeur de musique expérimental sous ce pseudonyme. Tous deux désirent alors, à travers leur collaboration, réinventer leur démarche artistique propre en imaginant une nouvelle forme de création.

La configuration

Trasumanar per musica

La configuration de Privé s’appuie sur le mélange des sources humaines et machiniques afin de créer une matière sonore originale.

La configuration de base est celle utilisée par Planetaldol dont la démarche de création musicale est principalement acousmatique : ses créations sonores s’appuient sur des éléments concrets et refusent l’intervention de toutes sources musicales « classiques » comme des instruments de musique. Libérée des schémas rythmiques et mélodiques traditionnels, sa création évolue avec une liberté totale du côté du créateur comme du côté de l’auditeur.ice. La musique redevenue une onde (vibration, om) touche alors directement l’auditeur.ice sans filtre ni déformation intellectuelle d’aucune sorte. L’objectif est de maximiser l’impact émotionnel sur l’auditeur.ice et de le.la plonger dans un univers primordial et purement sensitif.

Concrètement, cette configuration se compose d’une table de mixage à laquelle est reliée un Kaoss Pad 3 permettant une maîtrise manuelle des effets et des samples. Différentes sources sonores extérieures peuvent également être injectées par l’intermédiaire de cette configuration comme des enregistrements (field recordings) à travers des dictaphones ou des sons créés en live (voix, objets) à travers des microphones.

La collaboration avec MKS* au sein du groupe Privé se base  sur l’utilisation de la voix comme source sonore pure. Il s’agit alors de transformer une matière initialement exclusivement textuelle en une matière purement sonore afin de faire jaillir d’autres significations de la source primaire du texte. Celui-ci est alors fragmenté puis reconstitué au hasard du sampling et des effets qui lui sont appliqués par les deux musiciens. Émergent alors de ce processus de nouveaux mots-sens, des néologismes qui brouillent la frontière entre matière sonore et matière textuelle. La musique et les mots sont miseau même niveau. Le son est dans le sens et le sens est dans le son.

Cette matière sonore diversifiée (sons concrets, field recordings, textes lus, improvisations vocales et bruits d’objets en live) est alors façonnée en direct par les deux protagonistes grâce à la configuration de Planetaldol à laquelle MKS* ajoute un Kaossilator 2 ainsi que des petits instruments acoustiques.

Pour assurer la viabilité technique, humaine et artistique de cette nouvelle configuration, les deux intervenants ont développé un mode de communication singulier basé sur une pratique musicale classique de répétition et d’entraînement, mais aussi et surtout, sur une finalité commune et une connaissance minutieuse du partenaire de jeu pour atteindre la symbiose.

A la frontière de la cybernétique et du shamanisme, cette configuration en duo ouvre la porte à de nouvelles possibilités de connaissances spirituelles, philosophiques et thérapeutiques car, par la communion des énergies et la fusion entre l'improvisation, la transe, l'hypnose, le hasard et la musicothérapie, elle permet la synesthésie.

DANTE PARTY (I. II. III.)

2016 - 2018

En s’appuyant sur La Divine Comédie de Dante, Dante Party invite à questionner les rapports de l’individu à la machine, à ce qu’il considère comme étant l’Enfer.

Cette performance transporte la musique, la fête dans la nature et s’étend du crépuscule à l’aube ; le temps étant un facteur important de cette tentative de reconnexion de l’individu, du son, de la machine et de la nature. Il s’agit alors, tout au long de la nuit, de passer très progressivement de l’Enfer au Paradis. Au début de la nuit, les sons sont durs, éprouvants, machiniques, dépourvus de vie, d’humanité, d’organicité. Au fur et à mesure, le son s’adoucit et se mêle à celui de la nature environnante jusqu’à ce que les appareils s’éteignent et que celle-ci reprenne ses droits. Plus la performance se déroule et plus il apparaît que ce qui était initialement des bruits difficiles à supporter et semblant provenir des entrailles de la machine n’étaient en fait que des sons naturels (chants d’oiseaux, babillements d’enfants, voix de femmes, textes lus etc.) transformés par la configuration électronique de Privé. Ce qui est alors donné à entendre c’est le pouvoir de l’individu de se réapproprier la machine pour éviter qu’elle ne le broie complètement. Le Paradis et l’Enfer ne sont alors pas si différents l’un de l’autre et l’individu a les moyens de transformer le difficile, l’éprouvant, le pénible en quelque chose de beau, de doux et d’agréable s’il écoute la nature qui vit en lui. Quelle que soit la profondeur à laquelle on a le sentiment de se trouver, le Paradis est toujours à notre portée.

Sous ses trois versions, cette performance a eu lieu 60 fois entre 2016 et 2018 dans différents lieux : au Théâtre du Temps (Paris XI) pour les MO SO (Moments Sonores), au Hangar (Champagne-sur-Seine, 77), dans La Boîte (Massy, 91), sur la péniche du Placard – Headphone Festival (Paris), à L’Oeil du Vingtième (galerie d’art, Paris XX), au Festival Le Cube (Alès, 30).

POEMYSOUND (I. II. Suite et fin)

2011 - 2015

Cette performance se déploie autour de la confusion entre l’art et la vie, entre la création et le créateur.

Le protagoniste de Poémysound voit ses poèmes déchirés mais c’est dans son propre corps qu’il ressent cette déchirure, cet éparpillement de soi.

Cette performance est alors une tentative de recomposer ce matériau textuel épars afin de restituer au protagoniste son unité physique et psychique. Or, il est impossible de rendre aux poèmes leur forme initiale.

 

Alors le texte doit devenir musique afin de renaître sous une forme différente, ce qui est la condition sine qua non de la reconstitution intérieure du protagoniste.

Ces mots mis en musique sont alors répétés, retournés, détournés, liés, déliés, tordus et polis afin de composer une mosaïque musicale et textuelle qui pourra rappeler le protagoniste à lui-même.

Sous ses trois versions, cette performance a eu lieu 34 fois entre 2011 et 2015 dans différents lieux :

au Théâtre du Temps (Paris XI) pour l’événement Oreilles sensibles, au Hangar (Champagne-sur-Seine, 77), dans La Boîte (Massy, 91), à La Générale (galerie d’art, Sèvres, 92), à Plateforme (galerie d’art, Paris XX)

© 2020 par Mickael Sabbah.